Surveillant de l'administration pénitentiaire - Métier et concours

Concours fonction publique d'état - Surveillant de l'administration pénitentiaire

Salaire début carrière* : 1 351€ Nombre de candidats : 20 201 Mode d'admission : sur concours
Salaire fin carrière* : 2 100€ Nombre de postes : 1 217 Catégorie : C
  * Salaire à titre indicatif.

Le métier de Surveillant de l’Administration Pénitentiaire

Personnel de surveillance, fonctionnaire de l’Etat en uniforme, les surveillants de l’administration pénitentiaire sont chargés d’assurer la prise en charge des personnes confiées par les autorités judiciaires, d’en assurer la garde et de participer à la mission de réinsertion.

Le surveillant de l’administration pénitentiaire est chargé, par la loi, d’appliquer les peines privatives de liberté, et de veiller, de par l’autorité qui leur est conférée, à faire respecter l’ordre et la discipline au sein des structures dans lesquelles sont accueillis les détenus.

Le surveillant de l’administration pénitentiaire est également chargé de préparer les détenus à une réinsertion lors de leur retour à la liberté, en collaboration avec les services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) et de nombreux partenaires extérieurs (entreprises, associations, ..). L’objectif est de permettre aux détenus de mettre à profit leur période d’incarcération pour développer des compétences, apprendre un métier ou obtenir un diplôme, et contribuer ainsi à faciliter leur réintégration dans la société.

Le métier de surveillant de l’administration pénitentiaire nécessite ainsi un certain nombre de qualités humaines et physiques, directement lié à la nature de leur mission et au public qu’ils vont être amenés à encadrer. Rigueur et stabilité sont les maîtres-mots de la personnalité d’un surveillant, lequel doit être doté d’un excellent sens de la communication, d’autorité, d'une aptitude à travailler de jour comme de nuit ainsi que d’une bonne condition physique pour la pratique de self défense et du tir. Autant de qualités requises pour exercer le métier de surveillant de l’administration pénitentiaire.

Afin de préparer les candidats admis au concours de surveillant de l’administration pénitentiaires, ces derniers sont envoyés en période de formation de 8 mois à l’Ecole nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP) située à Agen (Lot-et-Garonne), où ils apprendront les connaissances juridiques, réglementaires et techniques et les pratiques professionnelles requises pour l’exercice de leurs fonctions. Cette formation d’un an est complétée par une formation continue tout au long de la carrière de surveillant de l’administration pénitentiaire, permettant aux agents de s’adapter à l’évolution de leur métier et de progresser plus rapidement dans leur carrière.

Le passage de l’encadrement de détenus mineurs à des condamnés à de longues peines suppose des surveillants qu’ils aient une forte capacité d’adaptation à différents milieux, les pratiques et méthodes étant très différentes d’un environnement à un autre. Les métiers de surveillant de l’administration pénitentiaire offrent effectivement une grande diversité dans les postes proposés et à des niveaux de responsabilité différents. Ainsi, il est possible d’être affecté dans l’un des 194 établissements pénitentiaires de France (Métropole et Dom-Tom) que comprend l’administration pénitentiaire, sous divisée en 9 directions régionales, une mission d’outre-mer et l’ENAP. L’affection d’un surveillant est déterminée à l’issue de sa formation au sein de l’ENAP, selon le rang au classement obtenu lors de sa scolarité.

La carrière de surveillant de l’administration pénitentiaire

Depuis la réforme d’avril 2006, les surveillants de l’administration pénitentiaire sont amenés à évoluer plus rapidement vers des postes d’encadrement (premiers surveillants et majors) puis vers des postes de commandement (lieutenant, capitaine et commandants pénitentiaires). Ils peuvent même être amenés à exercer des postes de chef d’établissement, dans des pénitenciers de moins de 200 places.

Les épreuves d’admissibilité terminées, les candidats admis sont envoyés en formation rémunérée de 8 mois à l’ENAP, sous le grade d’élève-surveillant. La formation alterne cours théoriques (droit pénitentiaire, connaissance des populations prises en charge, gestion du stress, techniques d'intervention) et stages de mise en situation (en maison d’arrêt, établissement pour peine, à l’ENAP ou en milieux extérieurs comme les centres hospitaliers spécialisés, foyers d’insertion, …). A l’issue de la formation les élèves-surveillants sont donc affectés à l’un des établissements français en fonction de leur rang au classement.

Traitement net mensuel moyen au 01/10/2008 hors primes
  1er échelon Dernier échelon
Elève-surveillant (primes de stages incluses) 1 351 euros /
Surveillant 1 412 euros 2 059 euros
Surveillant brigadier 1 724 euros 2 194 euros
Premier surveillant 1 901 euros 2 343 euros
Major 2 208 euros 2 511 euros
Lieutenant pénitentiaire 1 722 euros 2 696 euros
Capitaine pénitentiaire 2 244 euros 2 966 euros
Commandant pénitentiaire 2 877 euros 3 553 euros

 

Les surveillants et surveillants brigadiers passant le concours professionnel de Premier surveillant (catégorie C) doivent avoir 6 ans de services déjà effectifs, période de stage incluse, à la date de la première épreuve du concours. En cas d’admission, une formation d’adaptation à l’emploi de 10 semaines accompagne la prise de poste.

Le concours interne de Lieutenant pénitentiaire (catégorie B) est ouvert aux agents de la fonction publique d’état justifiant d’au moins 4 années de service effectifs et étant à plus de 11 ans de l’âge limite du corps. Le concours externe est quant à lui ouvert aux titulaires d’un DEUG (ou diplôme équivalent), âgés de moins de 41 ans au 1er janvier de l’année du concours. Les candidats admis suivront une formation alternant théorie et pratique à l’ENAP, suivie d’un stage en établissement.

Concours de surveillant de l’administration pénitentiaire

Afin de pouvoir présenter le concours de surveillant de l’administration pénitentiaire vous devez remplir un certain nombre de conditions :

  • Posséder la nationalité française
  • Jouir de ses droits civiques
  • Ne pas avoir de mentions portées au bulletin n°2 du casier judiciaire incompatibles avec l’exercice des fonctions de surveillant (n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation criminelle ou correctionnelle)
  • Etre titulaire du brevet des collèges ou d’un diplôme ou titre enregistré et classé au moins au niveau V dans le répertoire national des certifications professionnelles. Cette condition ne s’applique pas aux personnes qui élèvent ou ont élevé trois enfants ou plus et aux sportifs de haut niveau.
  • Avoir 19 ans au moins et 40 ans au plus au 1er janvier de l’année du concours.
  • Etre recensé et avoir accompli sa journée d’appel de préparation à la défense (JAPD).
  • Mesurer au moins 1,60m.
  • Etre de constitution robuste, sans mutilation ou déformation, être apte à un service de jour comme de nuit (qui peut comporter une exposition aux intempéries et des déplacements de durée prolongée hors résidence) et avoir un indice de masse corporelle (défini par le rapport poids en kilogrammes / taille en mètre au carré) compatible avec les fonctions opérationnelles confiées au personnel de surveillance de l’administration pénitentiaire.
  • Avoir une acuité visuelle, avec correction, au moins égale à 15 dixièmes pour les deux yeux avec un minimum de 5 dixièmes par œil. Chaque verre correcteur ou lentille ne devra pas dépasser 3 dioptries pour atteindre cette limite de 15 dixièmes.
  • N’être atteint d’aucune affection médicale évolutive pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie ou de longue durée et n’être atteint d’aucune séquelle de maladie cardiologique, cancérologique, neurologique ou psychiatrique. Une incapacité permanente partielle peut être acceptée jusqu’à 10% en cas de séquelle de maladie dans une autre spécialité médicale ou chirurgicale, par référence au barème des pensions civiles.

A savoir : L’examen médical comporte obligatoirement un dépistage de l’usage des produits illicites.

Le recrutement se fait sur concours national, composé d’une épreuve d’admissibilité de 3h coefficient 3, et de deux épreuves d’admission sous la forme d’un oral et d’une épreuve sportive.

Les candidats qui possèdent une expérience professionnelle de plus de 3 ans, dans des filières relevant de la sécurité ou de l’administration pénitentiaire, peuvent faire la demande, au moment de leur inscription, d’une épreuve orale alternative portant sur la présentation des acquis de leur expérience professionnelle. Le dossier doit être demandé auprès de la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) dont dépend le candidat.

Les épreuves du concours de surveillant de l’administration pénitentiaire

Toute note inférieure à 5/20 à l’épreuve d’admissibilité est éliminatoire.

L’épreuve d’admissibilité :

Matière Coefficient Durée
L’épreuve d’admissibilité est composée de 3 parties :
  • Un QCM portant sur l’histoire de la France et de l’Europe depuis le début du XXème siècle, sur les institutions et principes de la Ve République, sur la géographie française et européenne (physique, humaine et économique) et sur l’actualité récente de la vie politique française, des mouvements culturels, des relations internationales de la France, du sport, de la vie culturelle, …
  • Une série de questions d’ordre logique faisant appel aux qualités d’analyse, de réflexion, d’observation et de bon sens du candidat
  • La rédaction d’un compte rendu sur un évènement ou incident susceptible de survenir dans le milieu carcéral. Il a pour objectif d’évaluer la capacité du candidat à rendre compte d’un évènement sous forme de rapport à sa hiérarchie.
3 3h


Les épreuves d’admission :

Toute note inférieure à 10/20 à l’oral est éliminatoire.

Matière Coefficient Durée
L’épreuve orale résultat d’un choix du candidat au moment de son inscription. Elle peut porter au choix sur :
  • Un entretien de personnalité portant sur les motivations, les qualités intrinsèques et les aptitudes du candidat pour exercer le poste de surveillant de l’administration pénitentiaire
  • Un entretien visant à reconnaitre les acquis de l’expérience professionnelle du candidat dans les domaines de la sécurité et/ou du milieu carcéral s’il peut attester d’une expérience d’au moins 3 ans.

Lors de leur inscription les candidats doivent se soumettre à des tests psychotechniques dont les résultats sont interprétés par un psychologue et utilisés lors de l’entretien.

5 20min
Les épreuves sportives comprennent :
  • Une course de vitesse (1 essai) de 80m pour les hommes et 60m pour les femmes.
  • Une course de demi-fond de 1000m pour les hommes et 400m pour les femmes.
  • Un lancer de poids (3 essais) de 5kg pour les hommes et 3kg pour les femmes.
2 Sur chrono


Barèmes indicatifs pour les épreuves sportives :

Barèmes indicatifs pour les épreuves sportives de Surveillant de l'administration pénitentiaire
Barèmes indicatifs de notation pour l'épreuve sportive de Surveillant de l'administration pénitentiaire

L’oral de l’épreuve d’admission de surveillant de l’administration pénitentiaire

L’oral est l’épreuve la plus importante du processus d’admission avec un coefficient de 5, et un entretien qui n’est basé sur aucun programme. L’oral peut, à lui seul vous permettre d’être admis ou éliminé.

Prévoyez de passer une journée au centre d’examens de la direction régionale dont vous dépendez. Convoqué à 8h15, votre matinée commencera par une présentation de l’administration pénitentiaire, puis vous serez amené à passer les tests psychotechniques pour enfin avoir un entretien avec un psychologue ou un psychiatre. Le résultat de ces différents tests sera utilisé lors de votre entretien avec un jury dans l’après midi, d’une durée maximale de 20 minutes. Lors de cet entretien, point de questions de cours ou de remise en cause de vos choix passés, il s’agit uniquement de convaincre le jury de votre capacité à analyser un problème, à communiquer, à témoigner de votre ouverture d’esprit et de votre capacité à réagir face à un évènement imprévu. Il vous de vous exprimer de manière claire et concise , pour convaincre le jury du bien fondé de votre souhait de devenir surveillant de l’administration pénitentiaire.

Il est important de bien garder en tête qu’il ne s’agit pas d’un tribunal qui va juger vos actions, mais bien d’un entretien d’embauche où vous devez être suffisamment convaincu de qui vous êtes et convainquant par rapport à vos capacités à faire face à des situations ne manqueront pas d’être difficiles à vivre. Il n’existe pas de bonne réponse, parce qu’il n’existe pas de recette idéale : vos réponses permettront au jury d’établir s’il considère que vous serez ou non apte à exercer le métier de surveillant de l’administration pénitentiaire.

Souvenez-vous que le jury voit passer des candidats pendant près de 3 semaines et peut finir par trouver le temps long. Soyez aimable, habillé dans une tenue correcte, tenez-vous bien, attendez que l’on vous invite à vous assoir, respirez, souriez, et rappelez-vous que dans ce jury se trouvent peut être vos futurs collègues : c’est avant tout vos qualités humaines et leur envie de travailler avec vous qui guidera leur décision au final.

Pendant l’entretien ça sera à vous de parler. Répondez aux questions avec franchise, mais ne monopolisez pas le temps de parole en vous répétant plusieurs fois en reformulant vos propos. Si le jury désire approfondir une de vos réponses, il vous le demandera. Il ne connait rien de vous, vous êtes donc libre de les amener vers des sujets qui vous tiennent à cœur et que vous maitrisez. S’il vous entraine sur un sujet que vous ne maitrisez pas du tout, ne bluffez pas, ça se voit !

Enfin, si vous avez la possibilité de vous rendre dans une maison d’arrêt, n’hésitez pas à vous entretenir avec des professionnels qui ont déjà fait leurs preuves. Cette rencontre pourrait représenter une expérience intéressante à aborder durant l’oral, et vous permettrait d’acquérir une meilleure idée du métier pour lequel vous vous destinez.

Rien de vous empêche à cette occasion de demander aux autres surveillants de l’administration pénitentiaire comme s’était déroulé leur oral, ça devrait sûrement vous rassurer !